Nous vous proposons une histoire ancienne racontée par Lucie

Publié le par Lucie



 Le patois de Sainté
 Voici une autre histoire racontée par notre amie Lucie




Celle-ci, on pense que vous allez bien la comprendre.

C'est une histoire qu'aime raconter Lucie, déguisée avec une robe longue, un châle sur les épaules, un panier au bras contenant une bouteille de gnôle, un bonnet frissoté et une langue bien pendue.

Elle nous fait mourir de rire à chaque fois qu'elle nous la raconte. C'est très théâtral, surtout qu'elle est très drôle.

Un énergumène, on vous dit.  Elle nous manque depuis qu'elle s'est faite opérée.

Alors, voici l'histoire.

LE TOINE


Toine ! Toine !

Mais, dites donc, vous z'auriez pas vu mon homme, mon Toine ?

Voilà deux heures que je l' y courate après, que j'en ai des rampes d'estomaque.
Et quel homme intempestif et défectueux, homme sans coeur et miséricorde, chimère de l'apocalypche.

Et dire que ces diables d'hommes, c'est tous les mêmes. Plus qu'on les aime, plus qui vous en font. On dirait qu'ils le sentent. Tas de pillandres, va !

Et qu'on a tort de s' y attacher comme on le fait.
Si qu'on les menait davantage par le bout du nez,  y lèverions point tant la crête !
Ah ! voui, alorsse !

Eh ben, on dit ça, mais pour  changer, nous autres, nous sommes toujours trop faibles. Que voulez-vous.

Oh ! Moi mon homme, je l'ai connu par l'hasard. Oui, enfin, je l'ai eu de rencontre, quoi !
Avant que de le voir, je le connaissais pas.

Oui, oui, je vous jure que j'ai fait sa connaissance la première fois qu'on s'a rencontré tous les deux.

C'était dans une allée de la rue du Puy. Et qu'il en tombait de la flotte. ça mouillanchait dur.
  

J'étais entrée dans c' t' allée pour la laisser passer, pour ne pas mouiller mon beau bonnet bien tuyauté et bien floqueté du matin.   
       

Juste dans c' t' allée, y 'avait un homme qui y était avant moi.

Comme de bien s'entend, c' t' homme me renuclait. Moi, j' l' regardais, mais sans le regarder, tout en l'apinchant.

Je le guignais, comme on dit, en tapis noir.

Et j' me disais en dedans de moi : "Que c' t' homme a donc bonne façon.

Quel beau bel homme avec un beau paire de moustaches noires bien frissées et                                                             un beau nez bien rouge.





Sûrement que c' t' homme, il est pas d'ici ! y doit être, par là-bas, du Beaujolais


Enfin voilà qu'au bout d'un bon moment, avec beaucoup de distinction, de savoir-vivre, et sans me connaître aucunement, y tire de sa poche ..

Oh ! quand je pense à ça... Y tire de sa poche une tabatière...Queue de rat et y m'offre une prise, comme ça, de brute en blanc.

Je la prends avec les cinq doigts et le pouce et j'éternue, comme de bien s'entend. Atchoum ! Atchoum !

A vos souhaits, qu' y me dit, Madame ou Mademoiselle, on sait pas.

Mais si Monsieur, on le sait ! (sourire gêné)

Quand il a vu que j'étais demoiselle, y m'a offert une seconde prise.

Ah ! Je vous jure que j' y ai pas marchandé ma voix. Je lui ai donné toute celle que j'avais dans le corps, en éternuant encore plus fort. Atchoum ! Atchoum ! Atchoum

Oh ! qu'il était content !

Mademoiselle, qu' y me dit, vous avez une bien jolie voix. Si vous aviez appris le chant, vous seriez certainement devenue une grande cantaride.

Enfin brèfle, de paroles en paroles, y m'a dit des mots si tellement bien placés, que
j' y comprenais plus rien, tellement qu'il avait de l'instrucation et qu'il était galant, ce gros pâté !


Seulement, j' m' dis, s'il parle tout le temps comme ça, sûrement qu' y va prendre la pépie (soif).  Comment je vas faire pour la lui lever

Oh ! Je sais bin lever la pépie aux poules. Y' a qu' à leur râcler la langue avec un couteau.

Mais, j' pouvais pas lui dire à c' t' homme que je connaissais ni d'Evre ni des dents : "Tirez la langue, j' vas vous la râcler" C'était point convenable.

Alorsse, y m'est venu l'idée de lui offrir la goutte.

Je voyais bien que depuis queque temps, y lorgnait ma bouteile de gnôle qui était dans mon cabas, car le goulot y dépassait.


Mais comment faire ? On n'est pas organisé pour offrir la goutte aux hommes dans une allée !

Monsieur, que j' y dis, si j'avions su vous rencontrer, j'aurais apporté un tire-bouchon et des petits verres.

Oh ! Il a bien compris. Il a été bien raisonnable.

A la guerre, comme à la guerre ! Passez-moi la bouteille, je m'en charge.

Oh ! Celui qu' a pas vu ça, a rien vu. Il enfonce son doigt dans le goulot. Y met la bouteille sous son nez, et allez donc.


Y m'en a sifflé ma bouteille dans un coin d'oeil. J'en étais tomate !

Eh bin ! Que j' m' dis, il en a une pente, celui-là. Quelle margoulette bien organisée. Mais c'est pas un gosier, c'est le canal de suède.

Quand il a sorti la bouteille de dessous son nez, y restait plus rien du tout.

Y pouvait pas me la rendre vide, c'était point convenable. Le lendemain, il était à ma porte pour me rendre ma bouteille.

Et là, savez-vous ce qui m'a dit ? Oh ! Non, faut y avoir passé !

Y m'a demandé ma main.


Oui, oui, c'est égal, ça fait un drôle d'effet.

Oh ! C'est pas que j'ai pas été déjà demandé en mariage une couple de fois. Mais quand on est comme moi, tant soit peu drôle de figure, il en faut pas tant pour être recherchée par les hommes du sesque masculin.

Mais, cette fois, je sentais bin que c'était pas un prétendant volage.

Mais tout de même, faire une bêtise pareille. Pensez donc voir  qu'à l'époque, je n'avais que 35 ans !

Eh bin ! j'en ai de la repentissance de m'être mariée si jeune.


Moi qu' avais cru prendre un homme convenable,
j' m' suis embriguadée avec une porte à pique.
Toujours ça court les guinguettes, ça a pas une minute de tranquillité.



Ah ! ma parole, si j'avais su ce que les hommes vallions si peu...
Je m' serais mariée tout de même ! (rire)


Que voulez-vous, c'est dans ma nature, je suis si tellement amiteuse. Comme on dit, là où la chèvre est entichée, elle broute.



Oui, mais c'est pas tout ça, il faut que j'aille voir où qu'il est passé mon homme. Et, si vous le trouvez, ne luis dîtes pas que je vous ai rencontrés.

Passe que tout ça, ça fait des dits et des redits, et finalement c'est ce qui amène la dysenterie dans les ménages !

A la revoyure !

Toine, Toine, Où tu es Toine ?






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mamiegigi 05/06/2008 20:40

Hahah quelle  demande en mariage  c'est aussi beau qu'il était une fois un homme et une femme voulaient se marié Bonne soirée à vous tous  bisouxxxxxx

biker06 04/06/2008 13:07

Coucoupense à t'inscrire à la newsletter de http://freeriders2.over-blog.com/ si tu ne l'a pas deja faitbisous@ + Pat

corinne 04/06/2008 12:51

Un petit coucou rapideAujourd'hui Océane n'a pas classe et moi je ne travaille pas mais dommage le temps est mocheBisous

kéline 04/06/2008 10:19

quelle histoire !!! y a longtemps que je n en avais pas lu une aussi drôle et aussi bien racontéebravo Lucie bisous à toutes

carole 04/06/2008 07:06

bon mercredi à tous